c) 2002 Oak Spring Garden Foundation.
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GROSEILLIER - ÉPINEUX, s. m. (Botaniq.) bas arbrisseau dont toutes les tiges sont armées d'épines, & qui porrent des baies séparées les unes des autres; ce genre de plante renferme sous deux especes générales, l'une sauvage, qui vient parmi les buissons dans la campagne, ou en forme de haies: & l'autre cultivée dans un grand nombre de jardins. Ces deux especes générales contiennent en outre plusieurs especes particulieres; mais il suffira de caractériser la plante.
Ses feuilles sont laciniées ou déchiquetées; ses fleurs sont à cinq pétales; toute la plante est garnie d'épines; le fruit croît épars sur l'arbre, qui n'a d'ordinaire sur chaque bouton de ses tiges qu'un seul fruit, lequel est d'une figure ovalaire ou sphérique, renfermant plusieurs petites graines environnées d'une pulpe molle.
Ses noms botaniques sont grossularia ou uva, crispa, Park. théat. 1560. Ger. 1. 143. J. B. 147. Raii, hist<-> 1484. grossularia simplici acino, spinosa sylvestris, C. B. P. 455. Tourn. inst. 639. Boerh. ind. alt. 2. 153. En françois le groseillier - blanc - épineux, dont le fruit s'appelle groseille - blanche - épineuse, en anglois, the goose - berry tree.
Cet arbrisseau est haut de deux coudées & plus; sa racine est ligneuse, garnie de quelques fibres; ses tiges sont nombreuses, & se partagent en plusieurs rameaux; son écorce est purpurine dans les vieilles branches, blanchâtre dans les jeunes; son bois est de couleur de boüis pâle; il est garni de longues & fortes épines près de l'origine des feuilles; quelquefois les épines sont seules à seules; d'autres fois elles sont deux à deux, ou trois à trois.
Ses feuilles sont larges d'un doigt, quelquefois arrondies, legerement découpées, semblables en quelque façon à celles de la vigne, d'un verd foncé, luisantes en - dessus, d'un verd plus clair en - dessous, molles, un peu velues, acidules, & portées sur de courtes queues.
Ses fleurs sont petites, d'une odeur suave, mais un peu forte; elles naissent plusieurs ensemble du même [p. 955]
La partie postérieure du calice est comme sphérique; elle se change en une baie sphérique ou ovalaire, quelquefois velue, le plus souvent lisse, molle, pleine de suc, marquée d'un nombril, distingué par plusieurs lignes qui s'étendent depuis le pédicule jusqu'au nombril, & qui sont comme autant de méridiens. Cette baie est de couleur verte, dans le commencement acide & austere au goût, jaunâtre quand elle est mûre, d'une saveur douce & vineuse, remplie de plusieurs petites graines blanchâtres.
Cet arbrisseau vient de lui - même en France, presque par - tout, & n'est pas moins fréquent en Allemagne & en Angleterre. Mais on le cultive dans ce dernier pays, de même qu'en Hollande, où ses feuilles & ses baies deviennent plus grandes. Alors on l'appelle groseillier épineux cultivé. Les Botanistes l'ont nommé grossularia spinosa sativa, C. B. P. 455. J. R. H. 639. grossularia majore fructu, Clus. Hist. 120. uvâ crispa fructu cerasi magnitudine. Gesn. hort.
On ne fait usage que des fruits du groseillier - épineux, soit sauvage, soit cultivé. On les mange verds ou mûrs. Dans leur maturité ils ont une saveur un peudouce, mais fade. Quand ils sont verds, ils sont acides, austeres, rafraîchissans, & astringens. On s'en sert quelquefois à la place de verjus; ils sont agréables aux personnes qui ont du dégoût pour toutes sortes de noarriture alkaline, & alors ils appaisent les nausées & les maux de coeur qui proviennent d'une bile prédominante; mais si l'on en abuse, ils sont flatulenteux, & nuisent aux estomacs foibles.
Il s'en consomme une grande quantité en Hollande & en Angleterre; & on ne voit à Londres pendant la saison de ces fruits dans les boutiques de pâtissier, que des gooseberries - pyes; il faut convenir que ce fruit est utile pour tempérer l'acrimonie muriatique & alkaline de la nourriture angloise. En France, il n'y a que les enfans, les femmeletes, ou les gens de la campagne qui en mangent. Ce fruit étant mou dans sa maturité avec une douceur fade, se corrompt. promptement dans l'estomac, & n'est plus astringent comme quand il est verd. On n'en use guere en Medecine, excep é quelquefois dans les tisannes, pour rafraichir & runimer le ton des fibres du ventricule.
Les Anglois, au rapport de Ray, font du vin des fruits mûrs du groseillier épineux. Ils les mettent dans un tonneau, & répandent de l'eau bouillante dessus; ils bouchent bien le tonneau, & le laissent dans un lieu tempéré pendant trois ou quatre semaines, jusqu'à ce que la liqueur soit imprégnée du suc & de l'esprit de ces fruits, qui restent insipides. Ensuite on verse cette liqueur dans des bouteilles: on y jette du sucre, on les bouche bien, & on les laisse jusqu'à ce que la liqueur mêlée intimement avec le sucre par la fermentation, se soit changée en une liqueur pénétrante, & assez semblable à du vin.
Miller compte neuf especes de groseilliers - épineux cultivés en Angletetre, auxquels il faut ajoûter le groseillier - épineux de l'Amérique que nous nous contenterons de décrire.
Ses tiges sont jaunes, rondes, deux fois grosses comme le pouce, & hérissées de petites étoiles piquantes, si près les unes des autres, qu'il est presque impossible de les prendre sans se blesser. Ses feuilles sont petites, de la largeur de la silaria, mais un peu plus longues, & de deux fois plus épaisses. Au haut de ses tiges croissent des bouquets de fleurs blanches
Les botanistes qui ont nommé le groseillier - épineux uva crispa simplici acino, l'ont fort bien désigné; 1°. parce que son fruit ressemble au raisin, & qu'il est velu; 2°. parce que ce fruit vient en grains ou baies séparées, & non pas en grappe. Pour le nom de grossularia, j'en ignore l'origine: car celle qu'on donne à cute grossà, de sa peau grosse ou épaisie, est aussi pitoyable que barbare. (D. J.)
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Mais comme les Anglois font une consommation prodigieuse des baies de cet arbuste, les jardiniers de Londres pour pourvoir à cette consommation, & profiter en même tems de leur terrein, qui est très cher, taillent leurs groseilliers - épineux après la Saint - Michel, bechent la terre qui est entre chaque arbrisseau, & y plantent tels légumes que le débit en soit fait au printems: saison où leurs groseilliers - épineux commencent à pousser. Au moyen de cette méthode ingénieuse, qu'on peut appliquer à d'autres points d'Agriculture dans tous les lieux où le terrein est précieux & borné, ils ne porrent aucun préjudice à leurs autres arbres, & ils se servent même de cette ressource pour mettre à l'abri du grand froid des légumes qui périroient ailleurs, & dont ils tirent en outre un profit considérable. (D. J.)
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Voici ses caracteres: c'est un arbrisseau sans piquans, à larges feuilles; son pédicule se termine par un ovaire couronné d'un calice divisé en cinq segmens; sa fleur est pentapétale, & est garnie de cinq étamines; l'ovaire donne un tuyau qui forme un fruit long en ombilic figuré en grappes, & plein de petits pepins.
On compte plusieurs especes de groseilliers à grappes, dont la plus commune qu'il suffira de décrire dans cet ouvrage, est le ribes vulgaris acidus, ruber, de J. Bauhin, Boerhaave, Gérard, Ray, Parkinson, &c.
Il a ses racines branchues, fibreuses, & astringentes; ses tiges ou verges sont nombreuses, pliantes, & flexibles, hautes de deux ou de trois coudées, couvertes d'une écorce brune ou cendrée; leur bois est verd, & renferme beaucoup de moëlle; ses feuilles sont semblables à celles de la vigne, mais beaucoup plus petites, molles, sinuées, d'un goût acerbe, d'un verd foncé en - dessus, lisses, blanchâtres, & couvertes en - dessous de duvet; ses fleurs sont par grappes, [p. 956]
Cet arbrisseau vient en France, par exemple, dans les forêts des Alpes & des Pyrénées. On le cultive communément dans les jardins & dans les vergers. Il fleurit en Avril & Mai; son fruit est mûr en Juin & Juillet. On le mange & on s'en sert en Medecine. Voyez
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On plante communément ces arbrisseaux à l'ombre d'autres arbres: cependant dans nos climats tempérés, le fruit est tout autrement meilleur, quand on les expose en plein air: méthode qui se pratique en Hollande, le pays de l'Europe où l'on entend le mieux la culture du groseillier, & où l'on en voit davantage; c'est - là qu'on les diversifie de toutes manieres: on les met en buisson, on les tient en arbrisseaux, auxquels on donne un à deux piés de tige; on les attache à des échalas, on les range par allées, on les éleve en espaliers contre des murs ou palissades, à six ou sept piés de hauteur, & finalement on en fait des contr'espaliers; à tous ces égards ils offrent une charmante perspective dans la saison, & fournissent en abondance un fruit recherche par sa beauté, sa grosseur, sa qualité, & son éclat.
Pour mettre en buisson les groseilliers avec profit, il faut les planter à une distance convenable les uns des autres, & leur donner deux ou trois labours tous les ans.
Le groseillier en buisson demande une forme ronde & bien évuidée dans le dedans; sa tige doit être touffue par le bas, plus ou moins grosse, & les branches doivent sortir du pié pour former le corps de ce buisson. On ne les taille point les deux premieres années, afin de conserver le jeune bois qui donne du fruit, mais on ne négligera pas de les tailler les années suivantes: car autrement par la confusion des branches qui passeroient, le groseillier ne seroit plus agréable à la vûe, ne joüiroit plus des rayons du soleil, & ne produiroit plus d'aussi beaux fruits.
Les groseilliers plantés en alignement par rangées, requierent quatre piés d'espace d'un rang à l'autre, & environ dix piés entre chaque groseillier. La distance qu'ils doivent avoir en espaliers sera de huit piés, afin que leurs branches puissent être traînées horisontalement, ce qui contribue beaucoup à améliorer leurs fructifications. Ceux qu'on plante contre des murs ou des palissades, sont plus précoces qu'en plein vent, & en outre donnent leurs fruits mûrs quinze jours plûtôt ou plus tard, suivant leur exposition au midi ou au nord.
La bonne maniere de tailler les groseilliers, est de couper les branches fort courtes, afin d'avoir l'annee suivante un fruit gros, nourri, & moins sujet à
Les groseilliers ne tirent pas seulement leur mérite de donner du fruit promptement, mais encore de produire un fruit durable, & qu'on peut manger jusqu'aux gelées, en mettant des plans de groseilliers à l'ombre entre deux buissons assez grands pour qu'ils soient moins frappés du soleil. Si l'ombrage de ces buissons ne suffit pas, on peut empailler les groseilliers, & par ce moyen conserver les groseilles fort avant dans la saison. Quant aux fourmis, qui sont les ennemis de cet arbuste, il faut tâcher de les détruire avec de l'eau bouillante, ou par quelqu'un des artifices indiqués au mot
Groseillier noir (Page 7:956)
